Sous la pergola, une pièce à vivre : voilages, lumière, plantes en bac

Sous la pergola, une pièce à vivre : voilages, lumière, plantes en bac

Beaucoup de pergolas restent ce qu’elles étaient le jour de la pose : quatre poteaux, une toiture, une table en dessous. On y déjeune en juillet, puis on cesse d’y penser. Ce qui transforme cette ossature en pièce que l’on habite tient pourtant à peu de choses, pourvu qu’on l’aménage avec la même attention qu’un salon.

Un seul pan de voilage suffit souvent

Tendu du côté du vis-à-vis ou du soleil couchant, un seul pan de tissu crée un fond de décor, coupe une vue gênante et donne à l’espace une limite douce. Habiller les quatre côtés serait contre-productif : la pergola perdrait ce qui fait son charme, cette impression d’être dehors tout en restant à l’abri.

Le choix du tissu compte plus que sa couleur. Les toiles conçues pour l’extérieur, en acrylique teint dans la masse ou en polyester traité, sèchent vite et tiennent mieux au soleil. Un beau lin d’intérieur, lui, risque de se marquer d’humidité dès la première saison. Prévoyez un ourlet lesté ou des attaches basses pour que le voilage ne claque pas au moindre souffle, et une tringle ou un câble tendu qui permette de le tirer d’un geste. Côté teintes, l’écru, le sable ou un terracotta léger réchauffent la lumière de fin de journée ; le blanc pur éblouit en plein soleil.

Sur une pergola à claire-voie, le textile peut aussi passer au-dessus de la tête. Une toile d’ombrage tendue sur les chevrons, ou une simple canisse, filtre la lumière de midi et donne à l’espace un plafond, ce qui suffit à le faire basculer du jardin vers la pièce.

La lumière se compose à plusieurs hauteurs

L’erreur classique consiste à tout miser sur un seul point lumineux, plafonnier ou projecteur fixé à une poutre. Le résultat éclaire la table comme un plan de travail. Mieux vaut composer, comme dans une pièce intérieure : une guirlande guinguette en hauteur pour l’ambiance, une ou deux lampes posées sur la table, quelques points bas dans les bacs ou au pied des poteaux pour dessiner les contours de l’espace.

Choisissez un blanc chaud, plus flatteur le soir, et des luminaires dont l’indice de protection convient à un usage extérieur. Pour tout ce qui est fixe et raccordé au réseau, faites intervenir un électricien. Les lampes solaires ou sur batterie rendent service en appoint, mais elles ne suffisent pas à éclairer un dîner.

Le mobilier se choisit à l’échelle de la structure

Sous une pergola, le mobilier se dimensionne comme dans une salle à manger : il faut pouvoir reculer sa chaise et passer derrière sans frôler un poteau. Une table trop grande transforme l’espace en couloir. Si la surface le permet, distinguez deux usages, un coin repas et un coin plus bas autour d’un canapé d’extérieur, plutôt que de tout aligner sous la toiture. Un tapis d’extérieur en fibre synthétique suffit à délimiter le salon et à réchauffer un sol minéral.

Le matériau des meubles dépend de la toiture. Sous une couverture fermée ou des lames orientables, la table reste au sec, et l’on peut se permettre des assises tapissées. Sous une pergola à claire-voie ou couverte d’une vigne, tout ce qui reste dehors reçoit la pluie, les feuilles et les grains de raisin : mieux vaut alors de l’aluminium, du teck ou de la résine tressée, et des coussins que l’on rentre.

Les plantes en bac font le lien avec le jardin

Les plantes font le lien entre la structure et ce qui l’entoure. Un grand bac au pied d’un poteau, planté d’une clématite ou d’un jasmin étoilé, qui garde ses feuilles l’hiver, habille la verticale ; des graminées adoucissent les angles ; quelques aromatiques près de la table, thym ou romarin, parfument les repas. Préférez peu de contenants, mais généreux, à une collection de petits pots qui sèchent en deux jours de chaleur.

Pour que ces bacs ne semblent pas posés là au hasard, ils gagnent à être pensés avec le reste du jardin. Dans les Hauts-de-Seine, le paysagiste Terrasses des Oliviers aborde ainsi la terrasse comme l’un des aménagements du jardin, aux côtés des allées, des bassins ou des zones de détente. C’est cette continuité qui donne le sentiment qu’une pergola a toujours été là.

Pensez enfin au rangement avant d’acheter le premier coussin. Un coffre étanche à portée de main change les habitudes : on sort les textiles sans hésiter un soir de mai, et on les rentre avant l’orage au lieu de les laisser tremper toute la nuit.